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RDC: Le silence du peuple n’est pas une faiblesse : c’est l’avertissement ultime(4ème Tribune de Jonas Tshiombela)

RDC : Le silence du peuple n’est pas une faiblesse : c’est l’avertissement ultime ( 4ème Tribune de Jonas Tshiombela)

Dans les rues poussiéreuses de Kinshasa, dans les villages oubliés de l’Est, dans les cœurs des jeunes sans avenir et des familles qui ne mangent pas à leur faim, un silence pesant s’installe. Ce silence, loin d’être une résignation, est le dernier rempart avant l’explosion. Car la souffrance a des limites. Et le peuple congolais les a atteintes.

Un peuple meurtri mais debout

Des décennies de pillages, de conflits, de gouvernance prédatrice et de promesses jamais tenues ont forgé un peuple résilient, mais fatigué. La RDC est assise sur un trésor inestimable — minier, hydrique, humain — mais ses enfants meurent de faim, ses hôpitaux sont en ruine, et son école publique s’effondre.

La classe moyenne, pilier de toute stabilité sociale, est presque inexistante. On est soit très riche, soit désespérément pauvre. Entre les villas clôturées de la Gombe et les abris de fortune des périphéries, le fossé est devenu un gouffre. La justice, censée dire le droit au nom du peuple, est devenue une marchandise : l’argent y décide du sort de l’innocent comme du coupable. Les prisonniers de Makala en sont témoins, tout comme les intouchables qui détournent des millions sans jamais être inquiétés.

Le silence n’est pas une soumission

Ce silence qui règne dans les marchés, dans les taxis, dans les files d’attente pour un sac de maïs, n’est pas une marque de lâcheté. C’est un silence de dignité. Un silence d’observation. Un silence de colère retenue. Le peuple congolais a vu, entendu, subi. Mais il n’a pas oublié.

Il a vu les détournements massifs de fonds publics exposés sans conséquences. Il a vu des promesses électorales recyclées, puis trahies. Il a vu les élites se partager le pays comme un gâteau, pendant que lui, le peuple, compte ses morts, ses malades, ses chômeurs et ses rêves brisés.

Gouvernants et agresseurs : attention au point de rupture

Ce silence est un message adressé à ceux qui dirigent. Gouverner, ce n’est pas s’enrichir sur le dos des autres. Ce n’est pas distribuer des miettes à coups de discours populistes. Ce n’est pas maintenir le peuple dans l’ignorance ou la peur.

À ceux qui imposent la guerre, pillent le sol congolais avec la complicité de certaines élites locales, qu’ils sachent : le peuple observe. Il n’est pas dupe. Le sang versé à l’Est n’est pas oublié. Les larmes des déplacés ne sont pas évaporées. Le peuple n’a pas crié, mais il s’est souvenu. Et lorsque le peuple congolais décidera de parler, ce ne sera pas pour supplier, mais pour imposer.

La justice comme exigence, la dignité comme cri

L’impunité est devenue une règle. Les procès sont sélectifs. Les voix critiques sont muselées ou achetées. Mais rien ne dure éternellement. Une nation ne peut pas bâtir l’avenir sur l’injustice et la frustration. Une paix durable ne peut se construire sans équité, sans vérité, sans responsabilité.

Il est temps de restaurer la justice. Pas une justice pour les puissants, mais une justice pour tous. Il est temps d’investir dans l’humain, pas seulement dans les discours. Il est temps de faire de l’État un outil du bien commun, pas un appareil de prédation.

Conclusion : la RDC au bord du réveil

Le silence du peuple congolais n’est ni éternel ni élastique. Il est profond, mais il n’est pas infini. Chaque jour de plus où les inégalités s’accroissent, où la corruption prospère, où les enfants meurent faute de soins ou d’eau potable, ce silence se fragilise. Et quand il cèdera, ce ne sera pas un murmure, ce sera un grondement.

À ceux qui gouvernent, à ceux qui pillent, à ceux qui croient que ce peuple est endormi : prenez garde. Le silence n’est pas l’oubli. Ce peuple souffre. Mais il est vivant. Et son réveil pourrait tout balayer.

Le silence du peuple congolais est l’ultime avertissement. L’ignorer, c’est courir vers l’irréparable.

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