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RDC : Jules Alingete écarté : retraite ou règlement de comptes ?( 9ème Tribune de Jonas Tshiombela, Avocat du peuple)

RDC: Jules Alingete écarté: retraite ou règlement de comptes ?
( 9ème Tribune de Jonas Tshiombela, avocat du peuple)

Le renvoi en retraite anticipée de Jules Alingete, Inspecteur général des finances, continue de faire couler beaucoup d’encre en République démocratique du Congo. Artisan principal de la patrouille financière et figure publique de la lutte contre les détournements de fonds publics, celui que beaucoup voyaient comme un pilier du redressement moral de la République a été brusquement écarté, sans explication officielle. Un silence pesant, qui alimente les soupçons et rouvre certaines blessures.

Un départ sans justification, un silence qui dérange
Pourquoi maintenant ? Pourquoi de cette manière ? Pourquoi renvoyer prématurément un haut cadre qui a osé exposer les pratiques mafieuses dans la gestion des deniers publics ? L’opinion s’interroge. Et certains observateurs relèvent avec insistance la coïncidence troublante entre ce départ et les rapports dérangeants produits par l’IGF sur des figures comme Tony Muaba (ex-ministre de l’EPST), Eteni Longondo (ex-ministre de la Santé) ou encore Nicolas Kazadi (ex-ministre des Finances).
Ces personnalités n’avaient jamais digéré l’exposition publique de leur gestion. Ont-ils finalement eu gain de cause ? Ont-ils eu raison sur Alingeti ? L’Inspecteur général était-il devenu trop gênant, trop autonome, trop menaçant pour certains réseaux du pouvoir ? Le peuple, lui, mérite des réponses.

Quand les rapports ne suffisent plus
Durant près de cinq ans, Jules Alingeti a mené une guerre frontale contre la prédation financière. Mais cette guerre est restée solitaire. Les dizaines de rapports produits, les audits médiatisés, les montants révélés ont rarement abouti à des poursuites judiciaires ou à des sanctions exemplaires. L’IGF était devenue une voix dans le désert, réduite à une routine bureaucratique, dont le courage n’était pas relayé par une justice fonctionnelle. Un travail sans bras judiciaire fort est condamné à l’essoufflement. C’est ce qui est arrivé.

Bras de fer politique et fatigue du système
Le départ d’Alingete ressemble à un règlement de comptes autant qu’à un aveu d’échec du système de lutte contre la corruption. Certains au sommet ont peut-être considéré qu’il avait cessé d’être utile, ou qu’il devenait dangereux pour les équilibres politiques internes. Comme dans bien des régimes en RDC, on glorifie la lutte contre la corruption à la tribune, mais on sabote discrètement ceux qui l’incarnent vraiment.
Chaque pouvoir a ses stratèges, ses griots et ses justificateurs. Mais au bout du compte, une seule question doit nous hanter : et le peuple dans tout cela ? Où sont les résultats concrets ? Où sont les fonds détournés récupérés ? Où sont les procès ? Où est la vérité ?

Depuis l’étranger, notre plume contre l’oubli
Nous suivons cette tragédie nationale depuis la diaspora. Et notre plume restera notre seule arme. Non, nous ne tuerons jamais nos frères. Mais oui, nous poursuivrons cette révolution de la conscience révoltée, avec nos mots, notre mémoire, notre lucidité. La RDC mérite mieux qu’un théâtre politique où les héros deviennent des fardeaux.

Pistes pour restaurer la crédibilité de la gestion financière publique en RDC

  1. Institutionnaliser le suivi des rapports de l’IGF : Mettre en place une coordination permanente entre l’IGF, le parquet financier et la Cour des comptes pour garantir un traitement judiciaire systématique des cas révélés.
  2. Garantir l’indépendance des organes de contrôle : Offrir un statut protégé aux inspecteurs et magistrats, à l’abri des pressions politiques et nominations partisanes.
  3. Publier les suites judiciaires de chaque rapport : Rendre obligatoire la publication trimestrielle des actions engagées suite aux audits, avec noms et chiffres à l’appui.
  4. Appliquer rigoureusement les sanctions : Sanctionner les détourneurs par des peines exemplaires, incluant la restitution des fonds et l’exclusion de toute fonction publique.
  5. Digitaliser le circuit des dépenses : Instaurer un système électronique sécurisé de gestion budgétaire, accessible en temps réel aux organes de contrôle.
  6. Renouveler et former les inspecteurs : Lancer un concours national pour une nouvelle génération d’inspecteurs, appuyés par une formation continue sur les normes internationales.
  7. Associer la société civile et les médias : Permettre aux OSC et à la presse d’accéder librement aux rapports d’audit, et de jouer leur rôle de vigie citoyenne, en toute sécurité. Conclusion
    Le cas Jules Alingete dépasse le simple cadre d’un départ administratif. Il révèle l’ambiguïté d’un système qui se dit en guerre contre la corruption, mais qui désarme ceux qui la combattent vraiment. Si les autorités actuelles veulent être crédibles, elles doivent briser le cycle du silence, de l’impunité et des règlements de comptes. Le peuple n’attend pas des effets d’annonce : il veut des résultats, de la justice, et des comptes clairs. Je peux me tromper dans cette analyse, je vous l’avoue déjà compte tenue de la complexité des intervenants et du mystère qui entoure ce dossier des initiés, acceptez ma faiblesse.

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