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À haute voix: Quand la paix se négocie sans témoins, les populations deviennent les otages du silence (22ème Tribune de Jonas Tshiombela,avocat du peuple)

À haute voix : Quand la paix se negocie sans temoins, les populations deviennent les otages du silence ( 22 ème Tribune de Jonas Tshiombela, avocat du peuple)

« Celui qui construit la paix sans la communauté prépare une guerre plus violente.». Proverbe africain. Pendant que le ciel reste noir au-dessus du Nord-Kivu et de Sud Kivu, pendant que les balles continuent de dicter leur loi dans les montagnes du Rutshuru, le pouvoir de Kinshasa négocie avec Kigali à Doha et à Washington – dans l’opacité, dans le huis clos, loin du regard de ceux qui meurent, souffrent ou résistent. Ni observateurs internes, ni députés du peuple, ni société civile, ni survivants des guerres successives ne sont conviés. Et pourtant, ce sont eux qui portent, chaque jour, le prix du sang versé et de la paix confisquée. « Quand deux tambours se répondent sans les griots, c’est le peuple qui perd le rythme. »

Leçons du passé, oubliées dans le présent
La RDC semble refaire les erreurs de Sun City, de Kampala, de Luanda, de Nairobi. Des accords, des signatures, des poignées de main… mais au final, toujours plus d’armes, de trahisons, de rébellions recyclées en institutions. La paix, depuis vingt ans, est devenue un fonds de commerce politique et militaire, jamais un bien public durablement garanti. Et voici que resurgit aujourd’hui une formule aussi dangereuse qu’insidieuse : l’« intégration conditionnelle » des éléments armés, prétendument encadrée par le P-DDRCS (Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation). Mais de quelle intégration parlons-nous réellement ? Quels critères, quelle transparence, quelles garanties ? Le flou qui entoure cette notion d’« intégration conditionnelle » est inacceptable. Il ouvre la voie à la manipulation, à la réinfiltration et à la fragilisation de l’armée nationale. « Quand le chemin est brumeux, c’est toujours le faible qui tombe. »

P-DDRCS et processus de Nairobi : instruments ou alibis ?
Certes, le P-DDRCS, dans son esprit, propose une approche de démobilisation communautaire qui, en principe, refuse toute militarisation des ex-rebelles. Il reflète les recommandations du processus de Nairobi, dont la RDC est partie prenante. Mais dans les faits, les déclarations contradictoires des autorités congolaises laissent planer un doute lourd : certains discours officiels évoquent déjà un tri ou une cooptation des « éléments gérables ». Non ! On ne trie pas les criminels, on les juge. On ne récompense pas les armes, on les détruit. Intégrer un ex-chef rebelle dans une structure publique, c’est trahir les soldats loyaux, humilier les martyrs, et ouvrir une autoroute à la récidive violente. « Si tu accueilles le voleur dans ta maison, prépare-toi à perdre ton sommeil. »

La paix ne s’achète pas, elle se construit avec les peuples
Le peuple congolais a trop souffert pour continuer à regarder, impuissant, ses dirigeants bricoler des accords de salon avec ceux qui commanditent son malheur. La paix ne se négocie pas entre deux chefs d’État seulement ; elle se bâtit dans la conscience collective. Chaque communauté, chaque territoire, chaque mère qui a perdu un enfant, chaque militaire tombé au front, a droit à la vérité, à la justice, à la participation. Ce que nous exigeons :

  1. La suspension immédiate de toute intégration militaire des ex-rebelles, sans exception.
  2. La relance rigoureuse, publique et surveillée du P-DDRCS, sous contrôle parlementaire et citoyen.
  3. Une conférence nationale sur la sécurité, la paix et la cohésion, incluant toutes les parties prenantes internes.
  4. La criminalisation et la répression stricte du recyclage des groupes armés dans l’administration publique ou les FARD. « La chèvre attachée au même piquet que le lion finira dans son estomac. » Le peuple ne négociera plus sa dignité
    Si les négociations en cours échouent ou débouchent encore sur une mascarade de réintégrations opportunistes, le peuple aura le droit sacré de s’y opposer, et il s’y opposera. Parce que le sang versé depuis 1996 ne sera pas effacé par une signature diplomatique. Parce que la souveraineté n’est pas un cadeau entre présidents, mais un pacte entre un peuple et son histoire. « Celui qui vend la paix de son peuple pour son confort prépare sa propre malédiction. »

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