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RDC : Pour une gouvernance éthique, responsable et redevable (37è Tribune de Jonas Tshiombela)

RDC : Pour une gouvernance éthique, responsable et redevable (37è Tribune de Jonas Tshiombela)

En République Démocratique du Congo, l’échec chronique de la gouvernance n’est pas le fruit du hasard. Il est le résultat d’un système où l’éthique a été sacrifiée, où les critères de choix des dirigeants répondent davantage aux logiques d’allégeance politique et clanique qu’à la compétence et à l’intégrité. Le pays reste prisonnier de la pauvreté, du chômage, de l’insécurité et de la corruption, malgré ses immenses richesses. La véritable question est donc : comment sortir de cette spirale ?

L’éthique, colonne vertébrale d’une gouvernance crédible
En RDC, gouverner est trop souvent perçu comme une opportunité d’accéder aux privilèges, et non comme une mission sacrée de servir le peuple. L’éthique devrait être la colonne vertébrale de tout exercice du pouvoir : probité, respect des lois, primauté de l’intérêt général. Mais que constate-t-on ? Les promesses de campagne s’effacent devant la réalité des deals politiques, les institutions deviennent des marchés d’intérêts privés, et les citoyens sont réduits à des spectateurs impuissants de leur propre destin. Sans une réhabilitation de l’éthique publique, la gouvernance congolaise restera une caricature, incapable de répondre aux besoins urgents d’un peuple meurtri.

Contrat de performance : transformer les promesses en résultats
Un ministre, un gouverneur, un directeur général d’entreprise publique ne peut pas continuer à exercer sans objectifs clairs et mesurables. Dans un pays normal, chaque responsable signe un contrat de performance assorti d’indicateurs précis : augmentation de la production agricole, amélioration de la desserte en eau et en électricité, assainissement des finances publiques, baisse du chômage des jeunes, sécurisation des territoires. Or en RDC, ces mécanismes n’existent pas ou restent théoriques. Un dirigeant peut passer cinq ans sans livrer aucun résultat, et être pourtant reconduit ou promu, simplement parce qu’il a prouvé sa fidélité politique. Ce système est la racine de la médiocrité institutionnalisée.

Redevabilité : briser la culture de l’impunité
La redevabilité n’est pas un luxe, mais une exigence démocratique. En RDC, elle fait cruellement défaut. Les gestionnaires des fonds publics ne rendent presque jamais compte, et quand ils le font, les rapports sont étouffés ou sans suite. Le citoyen congolais a rarement l’occasion d’évaluer concrètement le travail de ceux qui parlent en son nom. Il faut imposer une nouvelle norme : chaque dirigeant doit rendre des comptes périodiquement. La démission doit redevenir un acte de responsabilité politique et non un signe de faiblesse. Sans cela, le peuple restera otage d’une classe dirigeante qui ne craint ni la honte ni les sanctions.

Le choix des animateurs : la mère des batailles
Le mal congolais est aussi le produit d’un choix biaisé de ses animateurs publics. Quand on nomme un incompétent à un poste stratégique, le résultat est l’échec collectif. Quand on confie la gestion des finances à quelqu’un qui a des antécédents de détournement, le résultat est la faillite budgétaire. Quand on choisit un chef militaire compromis dans les trafics et alliances obscures, le résultat est la fragilité sécuritaire. Les résultats d’un pays dépendent directement des critères de choix de ses dirigeants. Tant que la RDC privilégiera la fidélité politique au détriment de la compétence, la médiocrité sera reproduite et les échecs multipliés.

Pour une rupture salutaire
La RDC a besoin d’une rupture éthique et institutionnelle. Gouverner ne doit plus être un privilège, mais une mission avec obligation de résultats. Les dirigeants doivent être tenus par un contrat de performance, rendre des comptes régulièrement, et être remplacés en cas d’échec. L’avenir de notre pays se jouera sur cette capacité à mettre fin au règne de l’impunité et de la complaisance. La gouvernance congolaise ne doit plus être un théâtre de promesses, mais une arène de résultats vérifiables. Le peuple congolais mérite des dirigeants éthiques, compétents et redevables. Sans cela, la RDC continuera à n’être qu’un géant aux pieds d’argile, riche de ses minerais mais pauvre de sa gouvernance.

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