Kinshasa : CDI-Bwamanda relance ses activités agroalimentaires avec sa nouvelle minoterie
Le Centre de Développement Intégral -CDI-Bwamanda- a inauguré, vendredi 22 août 2025, dans la commune de Barumbu sa nouvelle minoterie moderne, marquant une étape décisive dans la relance de ses activités agroalimentaires.
Cette cérémonie présidée par le Cardinal Fridolin Ambongo vient booster le développement des activités de la sécurité alimentaire dans la ville-capitale de la RD-Congo. C’était l’occasion pour l’archevêque métropolitain de Kinshasa de bénir les installations et le personnel en présence du Directeur général de cette entreprise, le Révérend Père Dominique DEWE, du directeur général adjoint Bienvenue Wena et de Mgr Jean Bertin Nadonye évêque de Lolo et président du Conseil d’administration du CDI-Bwamanda.
« La minoterie que nous inaugurons aujourd’hui n’est pas qu’un simple bâtiment, elle est l’incarnation de l’histoire du CDI-Bwamanda dans la production de farine et de semoule de maïs», a déclaré le Directeur général, le Révérend Père Dominique, capucin.
Il a rappelé que le CDI-Bwamanda avait été, jusqu’en 2013, l’un des principaux producteurs et distributeurs de farine et de semoule en RD-Congo. « Aujourd’hui, nous redonnons vie à cette minoterie grâce au soutien fidèle et généreux de l’association Manos, que nous remercions profondément. Cette relance symbolise la résilience de notre équipe, la confiance en un avenir meilleur et l’engagement renouvelé de nos partenaires pour le développement de notre pays », a indiqué le DG de CDI- Bwamanda.
Pour le Directeur général adjoint, Bienvenue Wena, l’enjeu principal réside dans la compétitivité.
« La concurrence est là, mais notre approche est claire : le prix est fixé par le marché. Notre rôle est de réduire au maximum le coût de production afin de rester concurrentiels. Le défi est double : interne, avec la pression sur les prix, et externe, avec la concurrence des importations facilitées par la baisse des frais douaniers. Face à cela, notre réponse, c’est la qualité. Le maïs que nous transformons provient directement des champs de nos paysans encadrés par le CDI », a-t-il expliqué.
De son côté, Mgr JeanBertin Nadoye Ndongo, évêque de Lolo et PCA du CDI-Bwamanda, a rappelé que cette initiative dépasse la dimension purement économique.
» Ce projet est avant tout une mission sociale. Le CDI encadre les paysans, leur fournit des semences améliorées et structure une chaîne de valeur durable. Nous n’avons pas de plantations propres, car notre vocation est d’acheter la production des paysans pour leur offrir un marché sûr ». Et de renchérir : « Grâce à notre centre de développement rural, nous aidons les agriculteurs à améliorer leurs rendements, même sur de petites surfaces, tout en multipliant les effets positifs dans leurs communautés ».
Dans son adresse, le Cardinal Fridolin Ambongo a fait un grand témoignage personnel. «J’ai moi-même servi au sein du CDI-Bwamanda avec l’ancienne minoterie. Je n’ai pas été seulement le prêtre qui célébrait des messes ou l’évêque à la tête d’un diocèse, mais j’ai aussi été directeur ici au CDI-Bwamanda. Pour nous, Bwamanda était un environnement naturel où nous avons évolué et commencé à travailler. Le climat éducatif qui y régnait nous a façonnés et a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui», a-t-il témoigné. Pour lui,
le CDI-Bwamanda place l’homme au centre de son action. » Cette association a traversé des moments très difficiles, comme l’ensemble de notre pays, mais contrairement à beaucoup d’autres, elle a résisté alors que nombre de sociétés et d’associations ont disparu », a reconnu l’ancien directeur de cette minoterie devenu cardinal.
L’archevêque de Kinshasa ne s’est pas limité au témoignage. Il a aussi indiqué que cette inauguration est le signe d’une nouvelle espérance pour l’avenir du CDI-Bwamanda, dont les activités étaient toujours centrées sur la minoterie.
«À Kinshasa, quand on parle du CDI-Bwamanda, on pense immédiatement à la farine de maïs. Tout le monde a goûté à cette farine pendant les années de disette. À l’époque où j’étais responsable ici, cette farine était distribuée dans tout Kinshasa, à toutes les confessions religieuses sans distinction, dans les prisons, les ONG, les orphelinats et les hospices de vieillards », a souligné le Cardinal Archevêque. Et d’ajouter :
» Un autre élément de force du CDI-Bwamanda, c’était son usine de café, qui lui permettait d’exporter et d’obtenir des devises. Nous savons malheureusement ce qui est arrivé à cette usine, totalement incendiée. L’acte que nous posons aujourd’hui – et qui est ma prière – doit être vu comme une reconstitution des outils de production du CDI-Bwamanda. Après la minoterie, nous espérons que le CDI-Bwamanda se dotera d’une usine de café moderne, proportionnelle à l’augmentation de la production dans nos campagnes »
Pour le cardinal Ambongo, le CDI-Bwamanda, c’est aussi le transport. « Je souhaite que l’institution renouvelle sa flotte fluviale avec de nouveaux bateaux, car ces outils sont indispensables pour transporter les produits de l’intérieur vers Kinshasa, ce grand marché », a-t-il souligné avant de conclure: » Au nom de tous les anciens, déjà partis ou encore vivants, j’exprime ma gratitude et ma reconnaissance à tous ceux qui continuent d’animer le CDI-Bwamanda ».
Le grand clou de la cérémonie était la bénédiction des nouvelles installations et le personnel de cette entreprise par le cardinal Ambongo.
« Je bénis cet investissement et je souhaite plein succès à l’œuvre des missionnaires capucins. Le CDI-Bwamanda, par cette relance, se met une fois encore au service du peuple congolais pour assurer sa sécurité alimentaire et promouvoir le développement».
CDI-Bwamanda est un outil moderne pour nourrir et développer le pays. La nouvelle minoterie est équipée de machines industrielles de dernière génération capables de produire jusqu’à 50 tonnes de farine par jour, en plus des tourteaux pour bétail et autres produits dérivés. Son réseau de distribution est en pleine reconfiguration, avec des points de vente prévus dans les paroisses, écoles et marchés de Kinshasa ainsi que ses environs.
Bien animé par la foi, l’expertise et l’engagement au service du bien commun, le CDI-Bwamanda entend redevenir un acteur majeur de la sécurité alimentaire nationale et de la lutte contre la pauvreté.
Divin MALUNDA


