Religion : Quand l’église devient une tribu : trahison de l’Évangile et perte de l’image de Dieu. (24è Tribune évangélique de Jonas Tshiombela)
Dans plusieurs églises protestantes et évangéliques de notre pays, un mal silencieux, mais destructeur, s’installe : le tribalisme et l’exclusion. Ce mal, qui a rongé la société et paralysé la nation, a désormais pénétré le sanctuaire. Là où devait régner l’amour du prochain, fleurissent désormais les clans, les ethnies, les lignages et les familles spirituelles fermées. Les biens de la communauté sont vendus, les nominations se font sur base d’appartenance tribale, les groupes se forment selon les origines, les alliances se nouent non autour de Christ mais autour du sang ethnique. Et tout cela au nom de Dieu ! Quelle ironie ! Quelle tragédie !« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Galates 3:28). Ce verset est clair : en Christ, toutes les barrières tombent. Mais nos églises, au lieu d’être le miroir du Royaume, deviennent des terrains de compétition ethnique et familiale. Les luttes de leadership s’y multiplient, les successions deviennent héréditaires, les titres spirituels se transmettent comme des trônes royaux. Le Saint-Esprit n’est plus la boussole, mais le calcul tribal et l’intérêt personnel. « Malheur aux pasteurs d’Israël qui se paissent eux-mêmes. Les pasteurs ne doivent-ils pas paître le troupeau ? » (Ézéchiel 34:2). Dieu ne se réjouit pas d’une Église divisée par le sang humain. Là où l’on devait parler d’amour, de réconciliation et de justice, on entend des murmures d’exclusion et de favoritisme. C’est le règne du “mien”, du “nôtre”, et non du “Seigneur”.
Sagesse africaine bafouée
Nos ancêtres disaient : «Le feu qui brûle la maison du voisin peut atteindre la tienne si tu ne l’éteins pas ». Lorsque l’église tolère la division tribale, elle prépare sa propre ruine. Car une communauté divisée contre elle-même ne peut subsister.« Toute maison divisée contre elle-même ne peut subsister » (Marc 3:25). La sagesse africaine enseigne aussi : « Un seul doigt ne peut ramasser la farine».De même, le corps du Christ ne peut fonctionner si chaque membre ne pense qu’à sa tribu, sa famille, son clan. L’unité n’est pas une option spirituelle,c’est un commandement divin.
Un appel à la repentance
Églises de Christ en Afrique, il est temps de revenir à l’Évangile pur. Il est temps de dénoncer le tribalisme dans la maison de Dieu avec la même force que l’on dénonce le péché. Car le tribalisme est un péché. C’est une négation de la croix, une offense à la fraternité, une insulte à l’amour divin.«Celui qui dit qu’il est dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres » (1 Jean 2:9). L’image de Dieu, c’est l’unité dans la diversité. C’est la beauté de plusieurs langues, chants et visages réunis autour d’un seul trône. Ce n’est pas le repli tribal, ni les guerres de succession familiale, ni la vente des biens communs pour enrichir quelques-uns.
Restaurer l’image de Dieu dans l’Église
Il est temps de reconstruire une Église libérée des chaînes du tribalisme, une Église qui respire la vérité, la justice et l’amour, et qui prêche non la supériorité d’un clan, mais la fraternité des enfants de Dieu. N« Voici, oh ! qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble» (Psaume 133:1). Et comme le dit un proverbe africain : « Quand les tambours de la guerre résonnent dans le village, les sages dansent pour la paix ». Que les vrais serviteurs de Dieu dansent désormais pour l’unité, la paix et la vérité, afin que l’Église redevienne le visage de Dieu au milieu des hommes.


